À LA RENCONTRE DE NOTRE VICE-PRÉSIDENT
Jimmy Thériault — Secteur Sainte-Catherine Sud
De bénévole à vice-président, toujours les deux mains dans le Club
Un nouveau chapitre après une carrière militaire
Acadien d’origine, Jimmy Thériault s’installe au Québec en 2000 afin d’entreprendre une carrière militaire. Après sa retraite, il cherche une nouvelle façon de s’occuper, idéalement dans un domaine réunissant deux de ses grandes passions : la machinerie et la nature.
En 2020, une publication Facebook du Club motoneige de la Jacques-Cartier attire son attention. Le Club recherche alors des bénévoles pour conduire ses dameuses le soir et la nuit. Il décide de tenter l’expérience. Six ans plus tard, l’essai s’est transformé en véritable passion.
« Depuis que je suis jeune, j’aime la motoneige et à peu près tout ce qui a un moteur et qui consomme du pétrole! », raconte-t-il avec humour.
De la dameuse no 14 à la vice-présidence
Jimmy commence comme opérateur de la dameuse no 14 dans le secteur de Shannon et participe également à l’installation des balises. Lorsque la machine tombe en panne, plutôt que d’attendre simplement qu’elle soit réparée, il se rend au garage pour donner un coup de main à Paulin Rousseau, mécanicien et opérateur.
Rapidement, il prend goût à la mécanique. Au fil des années, ses responsabilités se multiplient : opérateur, mécanicien, bénévole sur le terrain, participation à la gestion de la page Facebook et aide dans différents dossiers du Club.
À la fin de la saison 2026, on lui propose de devenir vice-président du secteur Sainte-Catherine Sud. Il accepte le défi, présente officiellement sa candidature lors de l’assemblée annuelle et est élu. Malgré son nouveau titre, Jimmy n’a pas abandonné ses outils ni le siège de la dameuse.
Quand les motoneigistes dorment…
Pour lui, travailler de nuit possède quelque chose de particulier.
« Tu es seul dans ta machine, dans la nature, et personne ne vient te déranger à chaque minute! », raconte-t-il en riant.
Le Club compte cinq dameuses réparties sur son réseau. La no 13, basée à Saint-Augustin, travaille de Neuville jusqu’au mont Bélair. La no 14 couvre le secteur derrière le champ Cantin jusqu’à la Base Valcartier. La no 15 travaille du pont suspendu de la rivière Saint-Charles jusqu’au mont Bélair. La no 17 part du Club et couvre notamment la rivière Jacques-Cartier, la route Girard et jusqu’au mont Bélair. Finalement, la no 19 travaille du secteur Cantin jusqu’à Pont-Rouge.
Toutes les machines prennent généralement les sentiers à partir de 19 h et le travail s’effectue durant la nuit. Mais conduire une dameuse ne consiste pas simplement à avancer avec une gratte derrière soi. Un opérateur doit comprendre la température, la composition de la neige et la façon dont celle-ci réagit lorsqu’elle est travaillée. Avec l’expérience, il apprend véritablement à « lire » la neige.
Quand l’hiver se termine, le travail commence
Une réalité surprend encore plusieurs motoneigistes : la fin de la saison ne signifie pas que les bénévoles ferment la « shop » jusqu’à l’hiver suivant. Bien au contraire.
Les dameuses doivent être inspectées et réparées, tout comme les grattes et les motoneiges. Les bénévoles travaillent aussi sur les sentiers, les ponts, les ponceaux et la signalisation. Avec une petite équipe, certaines semaines hors saison peuvent représenter près de 40 heures de travail bénévole.
L’un des meilleurs exemples s’est produit l’hiver dernier lorsque la dameuse no 15 a été lourdement endommagée dans un accident lors d’une traversée du chemin de l’Aéroport, à Val-Bélair. Sa gratte arrière était complètement détruite.
Après l’évaluation des dommages avec le concessionnaire, on parlait de deux à trois mois de réparations si le travail était réalisé par un seul mécanicien. Les bénévoles ont décidé de relever le défi eux-mêmes. Jimmy organise une équipe et répartit les heures de travail. Six jours plus tard, la dameuse no 15 reprenait du service.
Parmi ses autres réalisations, Jimmy a repensé certaines prises du système hydraulique des machines afin d’en améliorer la fiabilité. Il a également travaillé à améliorer l’éclairage des dameuses et de leurs grattes, des changements que les membres pourront constater au cours de la saison.
« Si je comptais mes heures, je serais riche! »
Combien d’heures Jimmy consacre-t-il au Club chaque année? La réponse le fait rire.
« Ouf… je ne compte plus mes heures. Si je les calculais, je pense que je serais riche! Mais le bénévolat, ça n’a pas de prix. »
Il reconnaît toutefois qu’il y a des journées plus difficiles. Le manque de relève peut être décourageant, particulièrement lorsque certains membres critiquent le prix des droits d’accès sans connaître les centaines d’heures de travail nécessaires pour leur offrir un réseau sécuritaire et bien entretenu.
À l’inverse, quelques mots peuvent complètement changer une journée. Un simple message publié sur Facebook pour remercier les bénévoles et reconnaître leur travail peut suffire à lui redonner le goût de continuer.
Derrière chaque kilomètre
C’est probablement le message que Jimmy souhaite le plus transmettre aux motoneigistes : un beau sentier ne se fait pas tout seul.
Bien avant la première neige, des bénévoles installent la signalisation, réparent les ponts et les ponceaux, entretiennent les équipements et préparent le réseau. Les mécaniciens consacrent des centaines d’heures aux dameuses. Puis, lorsque l’hiver arrive, les opérateurs travaillent le soir et la nuit.
« Derrière chaque kilomètre de beau sentier, il y a des gens qui donnent leur temps, leur énergie et parfois une bonne partie de leur vie personnelle. »
Comme vice-président, Jimmy veut continuer d’améliorer Sainte-Catherine Sud : les sentiers, les ponts, les ponceaux, les équipements et les méthodes de travail. Mais son principal objectif demeure la relève. Il souhaite voir arriver de nouveaux bénévoles, mécaniciens et opérateurs qui pourront apprendre auprès de l’équipe actuelle et, éventuellement, prendre leur place.
Une invitation à venir essayer
Son invitation aux membres est simple : venez essayer. Pas besoin de connaître la mécanique ni de sacrifier toutes ses fins de semaine. Même quelques heures peuvent faire une différence. Le Club peut montrer, expliquer et transmettre son expérience.
Et si vous voulez connaître les histoires concernant les quelques « petites gaffes » de Jimmy que le président lui rappelle encore six ans plus tard? Là-dessus, il demeure catégorique :
« Ce qui se passe au Club reste au Club. Il faut devenir bénévole pour le savoir! »
Derrière la plaisanterie se cache quelque chose de beaucoup plus simple. Lorsqu’on lui demande pourquoi il continue à donner autant de son temps, Jimmy ne parle ni de titre ni de reconnaissance. Il parle plutôt de son équipe, dont il se dit très fier.
Et il résume son engagement en quelques mots :
« Ça me procure du bonheur. Je travaille à mon rythme et je fais quelque chose que j’aime. »